Migrer votre site web sans perdre votre référencement

Une migration ratée ne se voit pas le jour de la mise en ligne. Elle se voit trois semaines plus tard, quand le téléphone sonne moins et que personne ne sait pourquoi.

Adrien Associé, référencement naturel et conversion
Publié le
Lecture 6 minutes
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Changer de site, de technologie ou de nom de domaine ne fait pas perdre de positions en soi. Ce sont quelques oublis précis qui les font perdre, et ils sont tous évitables à condition d’être traités avant la mise en ligne, jamais après.

Ce qui fait réellement chuter le trafic

Les causes se comptent sur les doigts d’une main, et elles reviennent dans cet ordre de fréquence.

  • Des adresses qui changent sans redirection. Chaque ancienne page non redirigée devient une erreur 404 : sa position disparaît, et les liens que d’autres sites faisaient vers elle ne mènent plus nulle part.
  • Tout rediriger vers l’accueil. C’est le raccourci le plus tentant et le plus coûteux : Google traite ces redirections comme des pages introuvables déguisées, et ne transfère rien.
  • Du contenu amputé. Une page réécrite trois fois plus courte, avec un autre titre et sans les termes qui la faisaient remonter, ne peut pas garder sa place.
  • Un blocage oublié. Le fichier de préproduction parti en production, ou la case d’indexation restée désactivée dans les réglages de WordPress.
  • Un site plus lent qu’avant. Fréquent quand la nouvelle version est plus riche visuellement sans que personne ait regardé le poids des pages.

Avant de toucher à quoi que ce soit : l’inventaire

C’est l’étape que l’on saute, et c’est celle qui rend tout le reste possible. Une fois l’ancien site éteint, elle n’est plus réalisable.

Exportez la liste de toutes les adresses existantes, depuis le plan de site XML, depuis un outil d’exploration, et depuis la Search Console. Les trois sources ne donnent pas le même résultat : certaines pages ne figurent dans aucun plan de site et reçoivent pourtant du trafic.

Relevez les positions et le trafic par page sur les douze derniers mois. Sans ce point de départ, vous ne pourrez ni détecter une perte, ni prouver qu’il n’y en a pas eu.

Repérez les pages qui reçoivent des liens externes. Ce sont les plus précieuses : leur valeur a mis des années à s’accumuler et ne se reconstitue pas.

Notez les balises de titre et les descriptions actuelles des pages qui fonctionnent. Vous en aurez besoin pour vérifier qu’elles n’ont pas été remplacées par les valeurs par défaut du nouveau site.

Le plan de redirections

C’est le document central de toute migration. Un tableau à deux colonnes : ancienne adresse, nouvelle adresse. Une ligne par page, sans exception.

Quatre règles le rendent efficace.

  • Une redirection permanente, en 301, pour un changement définitif. La redirection temporaire, en 302, ne consolide rien et laisse l’ancienne adresse dans l’index.
  • Vers l’équivalent le plus proche, page par page. Quand aucun équivalent n’existe, la redirection va vers la catégorie parente, jamais vers l’accueil par défaut.
  • Sans chaîne. Si l’adresse A redirigeait déjà vers B, faites pointer A directement vers la nouvelle adresse finale. Les chaînes ajoutent des allers-retours et diluent le signal.
  • Gardées longtemps. Un an au minimum, et il n’y a aucune raison de les supprimer ensuite. Retirer des redirections trop tôt annule le transfert obtenu.

Pensez aussi aux adresses qui ne figurent dans aucun menu : fichiers PDF, images appelées directement, anciennes pages de campagne, versions traduites.

Ce qui doit rester identique

La règle de prudence est simple : ne changez pas tout en même temps. Une migration technique et une refonte éditoriale menées ensemble rendent impossible de savoir ce qui a causé quoi.

Sur les pages qui se positionnent déjà, conservez la balise de titre, la structure des intertitres et la substance du texte. Vous pourrez les améliorer deux mois plus tard, une fois la migration stabilisée et mesurable. C’est ce que nous appliquons sur les projets de refonte de site internet : le contenu qui fonctionne se déplace d’abord, il se retravaille ensuite.

Les vérifications de la veille

Sur la préproduction, avant la bascule.

  • Le fichier robots.txt autorise l’exploration, et la case demandant aux moteurs de ne pas indexer le site est décochée dans les réglages de lecture.
  • Les balises de titre et les descriptions sont présentes sur toutes les pages, pas seulement sur l’accueil.
  • Les balises canoniques pointent vers la bonne version, en une seule variante : avec ou sans www, en HTTPS.
  • Un plan de site XML est généré et ne contient que des adresses valides.
  • Les temps de chargement sont mesurés et comparés à l’ancien site. Une nouvelle version plus lente fait perdre des positions même sans erreur de redirection.

Le jour de la bascule

Dans l’ordre. Mettre en ligne, puis tester une vingtaine d’anciennes adresses à la main, en vérifiant que chacune renvoie bien un code 301 vers la bonne page. Ensuite seulement, soumettre le nouveau plan de site dans la Search Console.

Si le nom de domaine change, l’outil de changement d’adresse de la Search Console doit être utilisé, en gardant les deux propriétés vérifiées. Cet outil ne sert qu’au changement de domaine : il n’a aucun effet sur une refonte à domaine constant.

Les semaines suivantes

Trois contrôles hebdomadaires suffisent.

Les erreurs 404 dans la Search Console et dans les journaux du serveur. Chaque adresse qui remonte est une redirection oubliée, à ajouter au fil de l’eau.

Les pages indexées, dont le nombre doit progresser vers celui de l’ancien site. Une chute durable signale un blocage, pas une lenteur.

Les positions sur les requêtes qui comptaient avant. Une oscillation de quelques places pendant quelques semaines est normale, le temps que les moteurs réexplorent l’ensemble. Une disparition franche, elle, se traite tout de suite.

Le retour à la normale prend de quelques semaines sur un petit site à plusieurs mois sur un site volumineux. Passé ce délai sans retour, le problème n’est pas la patience : il reste une erreur quelque part, et un audit de site internet la localise plus vite qu’une recherche à tâtons.

À retenir
  • L'inventaire des adresses, positions et liens externes se fait avant la bascule : après, il est irréalisable.
  • Une redirection 301 par ancienne page, vers l'équivalent le plus proche, jamais vers l'accueil en bloc.
  • Ne pas cumuler migration technique et réécriture du contenu : on ne saurait plus ce qui a causé quoi.
  • Vérifier le robots.txt et la case d'indexation de WordPress avant la mise en ligne, pas après.
  • Garder les redirections au moins un an, les retirer trop tôt annule le transfert obtenu.
Questions fréquentes

Questions fréquentes sur la migration SEO

Redirections, délais et cas particuliers.

De quelques semaines sur un petit site à plusieurs mois sur un site volumineux, le temps que les moteurs réexplorent toutes les adresses. Une oscillation pendant cette période est normale. Une disparition franche d’une page, elle, indique une erreur à corriger immédiatement.

En 301 pour un changement définitif, ce qui est le cas d’une migration. La redirection 302 signale un déplacement temporaire : elle laisse l’ancienne adresse dans l’index et ne consolide pas le signal vers la nouvelle. Utiliser une 302 par défaut est l’erreur technique la plus courante.

Techniquement oui, mais sans effet utile. Google traite une redirection massive vers l’accueil comme une page introuvable déguisée et ne transfère rien. Quand aucun équivalent précis n’existe, la redirection va vers la catégorie ou la rubrique la plus proche du sujet.

Un an au minimum, et il n’existe aucune bonne raison de les retirer ensuite. Tant que d’anciens liens externes pointent vers les anciennes adresses, la redirection continue de transmettre leur valeur. La supprimer revient à perdre ce qu’elle apportait.

Cela ajoute une étape : l’outil de changement d’adresse de la Search Console, à utiliser en gardant les deux propriétés vérifiées. Le reste est identique. Le risque réel vient de ce qu’on change en même temps : domaine, structure des adresses et contenu d’un seul coup rend tout diagnostic impossible.

Il n’existe pas de déclaration à faire, sauf pour un changement de domaine. Le nouveau plan de site XML se soumet dans la Search Console après la bascule, et l’ancien se laisse en place quelque temps pour que les anciennes adresses soient revisitées et leurs redirections constatées.

Adrien

Associé, référencement naturel et conversion

Associé, il mène les stratégies de référencement naturel et conçoit des sites WordPress sur mesure, pensés pour convertir autant que pour se positionner. Migrations sans perte de trafic, UX, génération de contacts : il vérifie après mise en ligne plutôt qu'il ne suppose. Son sujet du moment : la présence des marques dans les moteurs de réponse.

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